Un projet de nettoyage potentiellement explosif mis en branle au lac Saint-Pierre, au Québec

Si une seule munition non explosée (UXO) représente un risque, imaginez le défi que doivent relever Josée Gagnon, coordonnatrice des Services environnementaux, et son équipe, qui doivent extraire pas moins de 3 000 munitions provenant de programmes d’essai réalisés au lac Saint-Pierre, au Québec.

« Ces munitions posent le plus grand risque », a indiqué Mme Gagnon au sujet des UXO munies de détonateurs qui reposent toujours au fond du lac, après les changements apportés au programme d’essai en 1999. À ce moment-là, on estimait à plus de 300 000 le nombre de projectiles sur le site, dont près de 6 500 contenant de la matière énergétique. Parmi ceux-ci, les 3 000 munitions munies de détonateurs représentaient le plus grand danger. On souhaite donc, dans le cadre du projet, éliminer les UXO qui présentent le risque le plus élevé, soit celles qui renferment de la matière énergétique et qui se trouvent dans les zones les plus accessibles.

Le projet d’élimination des UXO du lac Saint-Pierre est unique en son genre, étant donné que cette région n’a pas servi de site de formation, mais bien de terrain d’essai de munitions pour les Forces armées canadiennes. C’est là que l’on mettait les munitions à l’essai avant leur achat par l’Armée canadienne. On utilise encore le site à cette fin, en évitant toutefois de projeter les munitions dans le lac.

En 2007, CDC a entrepris des travaux en collaboration avec le MDN en vue de contribuer à la coordination du programme de nettoyage du lac Saint-Pierre. Dans le cadre de la gestion d’une série de marchés, Mme Gagnon et ses collègues ont aidé le MDN à délimiter et à réaliser les travaux de nettoyage au lac Saint-Pierre, un lac au fond plat utilisé à des fins récréatives et commerciales.

Parmi les travaux, on a réalisé des levés géophysiques afin de confirmer les données historiques; on a ensuite effectué un nettoyage en profondeur, afin que puissent avoir lieu des travaux de dragage pour rendre le lac plus accessible. On a également réalisé d’autres travaux en 2012, un été sec ayant révélé cette année-là une plus grande surface du fond du lac... et encore plus d’UXO à éliminer.

« Bien que satisfaits des travaux réalisés, nous étions conscients qu’il y avait encore des projectiles dans la région », raconte Mme Gagnon.

Elle et son équipe, après avoir pris les coordonnées GPS précises des autres projectiles visibles, ont pu réaliser un nettoyage encore plus productif à l’automne 2013; en effet, 66 UXO hautement explosives ont été retirées, s’ajoutant aux 196 projectiles déjà extraits cette année-là. C’est ainsi qu’ils ont battu leur record de 2012, qui était de 178 projectiles retirés.

« Le défi consiste à recueillir les meilleures données possible afin d’évaluer les risques », explique Mme Gagnon au sujet de l’approche adoptée au lac Saint-Pierre.

Le travail est loin d’être terminé au lac. Le MDN étudie actuellement les options à sa disposition relativement aux prochaines étapes du nettoyage et CDC est prête à aider.


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