La cible « verte » atteinte pour un champ de tir de Valcartier

Vue d’ensemble des capteurs de balles disposés derrière les cibles et permettant de collecter les projectiles.
Vue d’ensemble des capteurs de balles disposés derrière les cibles et permettant de collecter les projectiles.

Chaque jour, les balles sifflent sur le champ de tir Nicosie de la Base de soutien de la 2e Division du Canada à Valcartier. Contrairement aux champs de tir traditionnels, l’empreinte écologique est grandement réduite sur ce nouveau champ de tir « vert » grâce à de nouveaux capteurs de balles conçus au Canada par l’équipe des scientifiques de Recherche et développement de la défense du Canada (RDDC) Valcartier.

Il faut dire que les Forces armées canadiennes partagent depuis un moment un souci écologique quant aux contaminants largués par les projectiles dans ses champs de tir. Les solutions trouvées à l’international s’avèrent cependant très coûteuses. « Inspiré par le désir d’une technologie aussi efficace qu’économique sur les champs de tir, CDC, les scientifiques de RDDC et de l’Institut national de la recherche scientifique, et la direction de l’environnement de la Force terrestre et du Groupe de soutien de la 2e Division du Canada à Valcartier ont collaboré à un concept novateur », a souligné Francis St-Georges, chef d’équipe, Services environnementaux à CDC.

Ce partenariat inspirant a donc permis la naissance du premier champ de tir écologique au Canada, ayant pour but de réduire la quantité de contaminants qui se retrouvent dans les eaux de surface et dans les eaux souterraines. Pour y arriver, les buttes du champ de tir traditionnel ont été nettoyées et refaçonnées, et des boîtes en acier remplies de sable y ont été disposées. Ces caissons, recouverts d’une membrane qui se referme sur elle-même après la pénétration des projectiles, permettent de retenir les métaux provenant des projectiles d’armes légères, tout en empêchant l’eau d’infiltration d’atteindre la nappe souterraine du champ de tir.

Durant les tests exhaustifs qui ont duré deux ans, ces installations uniques ont démontré leur efficacité. Une étude indépendante estime que les capteurs de balle s’avèrent 54 fois plus économiques que les buttes de sable traditionnelles au cours d’une période d’utilisation de 20 ans puisqu’ils réduisent la fréquence et les coûts d’entretien du champ de tir. Un deux pour un!

« Il est important de souligner les efforts soutenus de Dominic Faucher, coordonnateur de projets environnementaux de CDC, qui a travaillé étroitement, de la planification jusqu’aux suivis après les travaux de chantier, à la gestion des résidus de munitions des champs de tir tout en assurant la conformité à la Stratégie environnementale de la Défense. Le projet connait actuellement un tel succès qu’il devrait être adapté à d’autres champs de tir connaissant différents climats ailleurs au pays », a conclu M. St-Georges.


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